Extrait du livre

"Si Dieu le veut, Inch'Allah"d'Anne Pouget

(...) Assis près d'une source, frère Aubin communiait avec Dieu; Fabre s'installa discrètement à son côté pour ne pas le perturber dans sa méditation. L'homme d'Église l'accueillit pourtant avec cette ferveur qui jamais ne semblait vouloir le quitter.

— Écoute! Les murmures de la nature sont la voix de Dieu qui parle à nos coeurs.

La sérénité de son front, la franchise de son regard et la douceur de son sourire disposaient l'âme à la confiance et dilataient le coeur. Le moine suivit des yeux la course d'un écureuil, qui bondissait de branche en branche, avant de lâcher:

— Ainsi, tu as décidé de partir aussi...

Ce n'était pas une question, mais une affirmation.

— Comment savez-vous? Et qu'en pensez-vous?

— Les choix que l'on fait avec son coeur sont généralement des choix que l'on ne regrette pas... Je te connais trop bien et je savais que tu serais du voyage. (...)

 

     Par delà l'aventure qui se profile dans ce dialogue, il y a le timide espoir, l'humilité d'un être qui s'interroge sur le bien fondé de son choix. L'homme est ainsi fait qu'il est libre. Fabre grandit et devient homme en choisissant de partir. Cet extrait,  parce qu'il nous montre combien il est difficile de prendre des décisions, parle à tout être de chair et d'esprit que nous sommes.

Anne Pouget nous révèle ici, avec une écriture poétique et éclairée, des instants douloureux de notre histoire mais laissons de côté ce sentiment de mea culpa que nos contemporains nous demandent de faire trop souvent, et laissons-nous toucher par la simple foi de ceux qui, de part et d'autre, ont combattu sincèrement pour une cause.

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