Extrait

1. Trois Jours en Septembre (roman - 2013)

 

Extrait 1   

    Le crépuscule jette son voile mauve par-delà les toits blonds des chaumières posées dans la plaine de Salisbury silencieuse, presque fragile dans un brouillard naissant d'automne. C'est une plaine immense où quelques chevaux s'unissent au décor, par deux ou trois, parfois plus mais toujours à l'orée des villages, jamais très éloignés des hommes. Ils s'ébrouent nerveusement au rythme de leurs sabots, et leur crinière sombre s'agite et s'électrise au contact du vent. Le hennissement, lancé comme un cri de guerre aux fantômes perdus autour des manoirs solitaires et des arcades des arbres géants de Stourhead, se fond et rebondit dans un écho, comme la vie s'épanouit sous la rosée. Des tumulus protégés par des barrières blanches émergent à des dizaines de kilomètres sur le site de Stonehenge, où les "pierres suspendues" sont le témoignage d'un passé à la fois religieux et thérapeutique pour soigner certaines maladies. Le parfum des fleurs sauvages et des blés fraîchement coupés s'évapore doucement dans la brise du soir. Non loin de là, plus bas dans la vallée, l'Avon parcoure sagement son chemin à travers champs, villages et villes où, l'espace d'un moment, petits et grands s'associent aux joies de nourrir les grands oiseaux affamés. Le mouvement de l'eau que le courant étire, secoue dans un léger balbutiement, les méandres habillés de roseaux. De beaux cygnes s'agitent, froissant leurs plumages délicats comme du papier de soie à la surface des eaux dormantes. Il fait presque nuit sur les versants des collines solitaires et le silence comme un soupir, apaise le tumulte du jour qui s'enfuit.(...)


Extrait 2

(...) En partant, je prévins ma mère que je serais de retour dans un quart d'heure. Elle était en train de prendre un bain. J'entendais couler l'eau depuis le couloir de l'entrée et la radio résonner dans la salle de bains. À travers la vitre opaque, je voyais son ombre dans la chaleur de la pièce embuée. Je devinais ses formes qui épousaient les mille éclats du verre épais de la porte et je songeais qu'elle n'était plus alors qu'une simple silhouette, nue et fragile. Mes yeux croisèrent  ceux de Jeanne, pleins de compassion. Que pouvais-je lui dire en ce moment où tout semblait s'être arrêté? Je dominais les minutes, les secondes. J'étais libre, mais pour combien de temps encore? La lettre décachetée était à nouveau sous le pied de la lampe, à ma portée. Un simple geste, une main qui s'avance... mais je n'eus pas le courage de la lire. Je refermai la porte derrière nous, dans un bruit mat et sans le moindre regret. Plus tard, je saurais! (...)

 

   Entre sa meilleur amie Jeanne et un avenir qui semble s'assombrir, Juliette tente de comprendre le destin que son père a choisi pour eux. Roman délicat, à la fois lyrique et douloureux où le destin peut basculer par le simple choix que l'on décide. C'est un roman où j'ai voulu créer délibérément autour des personnages réels, quelques personnages fictifs sur fond d'histoire vraie.

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