Extrait

" SUCRE ET SECRET " de Paule Constant

 

(...)    Je m'intéresse à l'oeil qu'une femme maquille avant de se rendre à une exécution. Vingt-deux heures, entrée principale, invitation obligatoire, papiers d'identité. Présence recommandée une heure à l'avance. Tout mon projet est dans cette prunelle, dans le visage fardé d'une femme qui n'est plus jeune et qui se livre dans la chambre d'un motel à une cérémonie rituelle. Elle a posé sur le lit la robe qu'elle a rapportée du pressing dans une housse de plastique transparent. J'imagine qu'elle s'habillera au dernier moment pour ne pas tacher l'encolure avec du fond de teint. 

    J'ai demandé au juge Edward s'il lui semblait possible qu'au tout dernier instant, juste au moment de l'injection, une femme puisse plaquer son visage contre la vitre de la salle des  témoins pour être vue du condamné. Il ne le pense pas. La salle de Greenleaves était garnie de glaces sans tain, une rembarde de sécurité écartait les témoins de la vitre et les sièges étaient scellés. (...)

p.14 - Editions Gallimard -

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