Extrait "Mon voyage à Tombouctou"

Mon voyage à Tombouctou de Jean-Marc Pineau

" Les champs et les karités jalonnent le paysage jusqu'à la frontière. Nous longeons au kilomètre huit le petit village électrifié de Ningouni, l'électricité s'arrête au bureau des douanes à la frontière, kilomètres dix. Je n'ai aucune formalité à remplir pour quitter la Côte-d'Ivoire à huit heures trente. Du côté malien, la piste se rétrécit brutalement de deux tiers, elle permet juste le passage d'un camion et les ornières sont nombreuses.Le premier village malien que je traverse se nomme Kaloli, kilomètre douze. Les concessions n'ont pas souvent d'arbres pour se portéger du soleil. Les villageois s'affairent à la construction des cases. À la sortie, je remarque un bois d'eucalyptus. Nous traversons ensuite une végétation arbustive, une partie des arbres a perdu ses feuilles. Les rencontres sont rares jusqu'au village sénoufo de Gonkoro, mentionné par Caillié (Bangoro) au kilomètre vingt-cinq. C'est un gros village éclaté en plusieurs secteurs, là aussi les villageois construisent des cases. Je me repose sur un banc de rondin, les habitants sont vêtus très simplement. Plusieurs habitants viennent me parler, parmi eux, une femme me semble très fatiguée.

     Mon guide me convainc de continuer jusqu'à la sous-préfecture de Kadiana en me disant que ce village est trop petit et que là-bas, on pourra mieux s'occuper de moi. Il est très gentil, tout en étant discret. Nous reprenons notre marche sur une piste plus fréquentée, les villageois reviennent à vélo ou à mobylette du marché de Kadiana. Nous croisons également quelques ânes tirant leur carriole. Je fatigue, j'ai chaud, je reçois les encouragments de mon guide qui me réconforte. La terre des champs est déjà dure et sèche; J'arrive à treize heurs passées de quelques minutes, véritablement exténué au terme d'une étape de trente-sept kilomètres. Je vais saluer le sous-préfet; il me dit que je vais traverser une zone où le français est très peu parlé et il me propose de prendre pour guider un jeune venu pour une carte d'identité. Le sous-préfet me dit que ce sera une garantie pour moi de ne pas avoir de problèmes. Ce jeune pourra me guider sur plusieures étapes. Il s'appelle Lassina Konaté et est d'accord pour m'accompagner jusqu'à Nkourala. Les villages que je vais traverser sont peuplés de Bambaras qui, avec les Malinkés et les Dioulas, forment un même peuple. Il m'adresse ensuite au maire. Nous traversons la rue centrale où se déroule le marché. Je suis frappé par les boubous très colorés de la foule, la tenue vestimentaire en Guinée et en Côte d'Ivoire était plus sobre. René Caillié décrit souvent les marchés bien achalandés du Sud de l'actuel Mali. "    Extrait  Le Mali, 56è étape. P.193

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