Extrait

Récit - 2013, Préfacé par Jean-Marc Pineau

(...)  Ecoutez et laissez-vous bercer par le vent sur la colline qui émiette, au gré des saisons, distille et rythme sous la chaleur, les événements de nos vies. Le sable rouge, fluide sous les doigts, fine couche, grain de poussière, écume sèche, voile vaporeux qui se pose sur tout, arbres, fleurs, plantes, toit des maisons. La vie épouse la terre sombre et le ciel piqué d'étoiles, l'eau du fleuve et les rives couvertes d'étoffes au soleil, le râle des véhicules sur les ponts et la caresse des pirogues solitaires. La vie des hommes enfouie dans la misère, si petite aux yeux du monde et si grande à leurs yeux ébahis, sans cicatrices ni stigmates parce qu'ils savent rire et sourire, sans cesse. Leurs dents blanches dans des bouches pleines, rieuses, chantantes, sans pleurs ni complaintes accueillent la maigre bouillie, l'agneau en sauce, le riz, le fruit, le pain, cadeaux du ciel. Entre leurs doigts, tour à tour souples et figés, coule la force, la fête, l'amour.

     Leur peau noire, saline, épaisse d'où naissent les maladies furieuses, moribondes et douloureuses, fait passer l'épidémie dans l'ombre d'un moustique, d'une eau croupie, sale et suffocante. Epuisée par la fièvre, meurtrie par la douleur, l'oeil perdu dans son orbite, le souffle rauque, elle s'enlise et se flétrit puis meurt. Dans ces ardeurs quotidiennes, sous la chaleur qui s'éternise, le corps s'assoupit soudain sous les gros baobabs et les manguiers géants, donnant alors si peu d'élans qu'il devient inerte, presque oisif. (...)

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Commentaires (1)

Isabelle Lejeune
  • 1. Isabelle Lejeune (site web) | 20/09/2013
Je me réjouirais d'en lire plus!

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