La ville d'Ys par Pierre Diner (10/2013)

LA LÉGENDE DE LA VILLE D'YS À TRAVERS L'ŒUVRE DE PIERRE DINER


"Bel océan qui me vis naître, tu m'as bercée comme une mère et quand j'étais enfant, tu jouais avec moi comme une sœur aînée.

Maintenant je suis grande et belle, ma chevelure couvre mon dos, mon sein est blanc et bien fait. Prends-moi dans tes bras comme un amant."

Poème de Dahut —  La légende de la ville d'Ys par Charles Guyot

     Dans les œuvres de Pierre Diner, il y en a une qui porte, dans la légende bretonne, l'extraordinaire beauté de ce pays breton, une déferlante de sons, de parfums et de lumières salines. Certes, toutes ont un étroit passage vers le réel, même celles qui parcourent, dans les méandres de l'abstrait, les élans mystérieux des pensées humaines. Mais lorsqu'il s'agit de l'hypnotique légende de la ville d'Ys, on est touché par un sentiment de douce extase.

     Pierre Diner ne veut pas faire de littérature. Il prend simplement Dahut comme modèle et profite pour la dévêtir. Se sentant enfermé dans un style qui ne lui convient plus, Pierre Diner trouve dans la légende de la ville d'Ys et de Dahut, femme fatale, mante religieuse, une incroyable liberté d'expression. En choisissant de travailler sur ce thème, Pierre Diner apporte un nouveau souffle à cette légende bretonne et l'on se plait alors à vouloir relire l'histoire.

     Dahut l'orpheline, se retrouve perdue entre les flots qui la bercent et l'attirent comme les bras d'un amant, et le roi Gradlon, son père, à qui elle impose tout.

     Dahut la rebelle, d'un blond fauve, le visage majestueux, le teint laiteux et le regard aux couleurs océanes qui s'embrase quand la colère l'étouffe. Capricieuse, impétueuse, tantôt maléfique et cruelle et tantôt délicate, accessible, lumineuse comme la mer dont elle fait sa demeure, son antre, l'hanap d'or. 

     Dahut au collier, Dahut joie de vivre, Dahut à sa toilette, Dahut à la clé, Dahut la fuite, Pierre Diner engendre l'image d'une légende qui se refermera cruellement par la main de celui qui l'aima éperdument. Sur son cheval Morvark, Gradlon n'écoute désormais plus que la voix de Guénolé sur qui la miséricorde divine se penche, laissant à tout jamais la ville d'Ys s'enfouir sous les flots. On ne sauve pas les gens malgré eux...

     "Dahut détestait la misère. Elle n'aimait que le luxe et la fête. Tous les mendiants avaient été chassés. Les habitants portaient de beaux vêtements de drap ou de soie. Le Christ lui-même se serait présenté sur le quai en habit de toile, il eût été repoussé. " Guénolé ou le silence de l'Aulne, Philippe Le Guillou, Éditions dialogues, 2012.

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