Jean-Michel Fournereau (01/2014)

     Écouter Jean-Michel Fournereau dans son interprétation de L'inconnu me dévore, c'est découvrir ou redécouvrir le texte de Xavier Grall d'une façon certes qui lui est propre mais avec une telle émotion qu'il ne peut que nous émouvoir et nous toucher. C'est nous faire réfléchir, à travers cette prose mise en musique remarquablement, à toute la profondeur spirituelle qui s'en dégage. C'est permettre à l'homme de donner une transcendance, un véritable sens à sa vie. À travers l'interview de Jean-Michel Fournereau et celle de Françoise Grall, Ar Skandéliked rend hommage à un grand poète et permet aussi de vous faire découvrir un homme talentueux: Jean-Michel Fournereau.

Vous pourrez retrouver Jean-Michel Fournereau dans ses diverses prestations:

Mise en scène de l'ensemble AEDES (Théâtres d'Auxerre et Boulogne en décembre) ///"TRIWAP: Et si on s'en mêlait ?!" : 14 déc Toulouges (complet);25 janvier MJC Colombes; 8et 9 fev. Pays Pontivy Projet Rossini avec ARSYS Bourgogne en tournée en mars; projet Offenbach avec Opéra Rennes... www.triwap.com http://www.facebook.Cie-Orphée-Théâtres http://www.regardencoulisse.com/les-vingt-ans-dorphee-theatres-par-son-createur-jean-michel-fournereau/

INTERVIEW DE JEAN-MICHEL FOURNEREAU

Pourriez-vous en quelques lignes vous présenter pour que le lecteur vous connaisse mieux?

Je suis comédien, chanteur et metteur en scène. Double formation: conservatoire national d'art dramatique à Rennes puis école nationale supérieure d'opéra en Allemagne, à Mannheim. J'ai travaillé pendant onze ans en Allemagne : théâtre, opéras et télévision. Je vis maintenant à Paris depuis 2000 (après quelques années en Bretagne) où j'ai eu mes premiers engagements dans de grandes comédies musicales: "Le Roi Lion" à Mogador, une création à France Musique, "Rendez-vous" au Théâtre de Paris aux côtés de Kad Mérad et Laurent Lafitte. Je suis directeur artistique de la Compagnie Orphée Théâtre(s), que j'ai créé avec mon frère Gilles (créateur lumières) il y a vingt ans... Nos spectacles (théâtre musical) tournent un peu partout en France, l'un (Puccini avec marionnettes) a été accueilli par l'Opéra de Paris à l'auditorium Bastille... Je viens d'avoir 50 ans... dont plus de trente comme artiste professionnel!

J'ai découvert l'artiste que vous êtes totalement par hasard en cherchant sur internet "L'inconnu me dévore" de Xavier Grall. Comment choisit-on un jour de mettre en scène un texte de Xavier Grall et surtout pouquoi ce texte plutôt qu'un autre? Comment avez-vous découvert Xavier Grall?

C'était une commande d'une association bretonne, Dihunerien, très engagée pour faire connaître les grands artistes, créateurs de notre région. À la demande de leur directeur artistique Michel Chauvin, j'avais déjà réalisé pour eux un opéra sur la vie d'Anne de Bretagne. Puis, grâce à Michel, j'ai donc découvert l'univers de Xavier Grall, ai lu ses livres et ses chroniques avec beaucoup d'intérêt et souvent d'émotions...

Est-il possible de revoir cette belle prestation? 

Le spectacle, qui réunissait huit musiciens, sous la direction musicale de la pianiste Frédérique Lory, qui a composé la musique originale, l'Ensemble Vocal Mélisme(s), (32 chanteurs) dirigé par Gildas Pungier, les solistes Marthe Vassalo, Ronan Debois, Yvon Le Men et moi-même, le spectacle, donc, est un spectacle "lourd', difficile à faire tourner... mais je sais que l'équipe réfléchit toujours et encore aux moyens de remonter cette très belle production.

Que ressentez-vous en règle générale, lorsque vous êtes sur scène et tout particulièrement lorsque vous récitez des textes aussi forts spirituellement et humainement que ceux de Xavier Grall?

Comme je viens plutôt de l'unvers de la musique, il est vrai que j'ai rarement l'occasion d'avoir d'aussi longs monologues théâtralisés, avec, comme vous le dites, des textes aussi riches et forts... C'était donc une expérience très forte et assez intimidante... beaucoup de passages faisaient écho à des expériences tristes récentes de ma vie... donc, toute cette période de création/répétition autour de l'oeuvre de Grall a été très riche, et disons le mot, bouleversante...

Quel livre avez-vous préféré?

Solo et L'inconnu me dévore... mais j'ai aussi beaucoup aimé les chroniques, moins "littéraires" mais tellement "humaines".

Comment choississez-vous les oeuvres que vous mettez en scène? 

Ce sont souvent les rencontres avec d'autres artistes qui "déclenchent" une création. Le fait de "tomber amoureux artistiquement" de certains chanteurs/comédiens, me donnent l'envie de créer un spectacle pour/avec eux. Bien sûr, il y a des auteurs et des compositeurs qu'on rêve de mettre en scène, ne citons que Mozart et Shakespeare... ce qui me passionne, c'est la rencontre du théâtre et du chant, que ce soit sous forme d'opéras, de comédies musicales ou de spectacles de cabaret... et j'ai ainsi aussi bien monté Fairy Queen de Purcell avec le texte "Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare (près de 50 artistes sur scène et plus de 20 musiciens) que des petites formes avec seulement deux ou  trois artistes en scène... Il y a aussi souvent des commandes: Opéras de Rennes, Arsys Bourgogne, Ensemble AEDES, etc.

Vous avez plusieurs cordes à votre arc: vous chantez, vous jouez la comédie, vous mettez en scène... Quelle activité préférez-vous faire, à moins que ce ne soit un tout?

Oui, impossible de faire un  choix, et c'est tant mieux! C'est une grande chance de pouvoir passer de l'un à l'autre, chaque discipline nourrissant et enrichissant l'autre. Étant interprète, je crois que je comprends alors bien les artistes que je mets en scène, mieux, je crois, que certains "théâtreux" qui ne connaissent pas le chant, la musique...

Vous avez créé le festival de théâtre musical d'Auray. Existe-t-il toujours? Pourquoi Auray?

Auray (56), est ma ville natale, c'est donc tout naturellement là que nous avons commencé à travailler, à  créer. Le festival a duré 17 ans, accueillant près de 7000 spectateurs sur quatre jours les dernières années. Mais pour "tenir" un travail de qualité, il aurait fallu un soutien beaucoup plus fort des institutions qui subventionnent (ville, département, région) Hélas, ils n'ont pas souhaité développer. Donc, nous avons arrêté le festival pour mieux nous consacrer à nos créations, et les faire tourner.

Vous allez dans les écoles parfois parler de vos passions. Que retenez-vous de ces rencontres avec les jeunes? 

J'ai eu la chance d'avoir, enfant et adolescent, d'excellents professeurs en musique, chant et théâtre... Ils m'ont non seulement appris les bases du métier, mais ils ont su me transmettre leur passion et leur talent pédagogique. Cela a donc été pour moi une suite très naturelle d'aller vers les plus jeunes à mon tour, d'enseigner et dee multiplier les rencontres dans les écoles, les lycées, etc. Ce qui est formidable dans notre métier, c'est que c'est un métier à la fois sur le rationnel, la technique et sur l'émotion et l'imaginaire. Échanger avec le public, jeune ou moins jeune, sur des oeuvres, des choix artistiques, c'est donc partager, même parfois de façon brève, sur  quelque chose de profondément "humain", qui m'intéresse beaucoup plus que lorsque j'allais en cours de mathématiques, par exemple! et bien entendu, le regard des autres, leur analyse, nous enrichissent et nous font réfléchir sur nos choix en scène.

Viendrez-vous vous produire en Bretagne en 2014?

Bien sûr! Le spectacle de cabaret "Triwap" "Et si on s'en mêlait?!" continue sa tournée, entre autres dans le Morbihan (voir site www.tripwap.com) et si tout va bien, nous aurons une nouvelle création avec notre théâtre partenaire, La Lucarne, à Arradon (56) pour fin 2014.

Avez-vous quelque chose à ajouter à cette interview?

Merci à vous pour votre intérêt et puisque c'est l'époque des voeux: une très très bonne année riche et artistique à vos lecteurs!!

Un grand merci à Jean-Michel Fournereau pour sa si gentille collaboration. Ar Skandeliked lui souhaite une belle réussite artistique pour la nouvelle année!

L'inconnu me dévore interprété par Jean-Michel Fournereau

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