Galaïs (06/2013)

     Une note de douceur dans ces semaines pluvieuses et ternes, un rayon de soleil sur Carnac, les pierres alignées de façon méthodique et une petite voix, à la fois généreuse et douce, pleine d'espoir et de liberté: me voilà avec Galaïs, au bar d'un hôtel au bord de l'eau. Aujourd'hui il fait beau. Il ne manque plus que la musique de son dernier album "Much better in time" pour s'évader vers des horizons plus cléments. Galaïs est une jeune femme pétillante, simple et généreuse qui déborde de vie et ne manque pas d'activités: elle est à la fois auteur-compositeur-interprête, serveuse en extra, assistante moniteur de tennis, peintre (elle a fait quelques expositions) et depuis peu a ouvert un B&B.

 INTERVIEW DE GALAÏS

D'où vient le nom de Galaïs?

En découvrant l'Irlande il y a quelques années, je suis tombée sur une légende irlandaise d'un roi qui avait une fille dont le prénom m'a plu. Je l'ai ensuite adapté à la phonétique et à l'écriture française.

Je vous ai découverte sur le site "Solidarité-Anorexie-Boulimie", quel est le lien que vous avez avec l'association et pourquoi? Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux personnes atteintes de TCA?

Connaissant cette souffrance pour l'avoir vécue moi-même, j'ai cherché à m'investir dans cette cause pour apporter mon témoignage et faire passer un message aux personnes atteintes d'anorexie. Cette maladie est un trouble qui masque un mal être; Et c'est le corps qui exprime ce mal être. Il faut en chercher la cause. Ces malades ressentent un plaisir à ne pas manger. Cela devient une drogue. Il faut alors agir au plus vite et laisser libre cours à la parole (discussions entre copines) pour ne pas s'isoler. J'ai voulu aussi faire un single et le vendre au profit de cette association.

Quel est votre parcours? Qu'est-ce qui vous a donné le désir de chanter et d'en faire votre métier?

Mon père était mélomane, mon frère de sept ans plus âgé faisait du piano. Petite, lorsque j'ai eu un micro entre les mains, j'ai entendu ma voix dans ce micro comme un écho. C'était fascinant. J'ai pris des cours de solfège mais j'y étais hermétique. J'écoutais Genesis, Dire Straits, Madonna. Vers treize ans, j'ai été bouleversée par la chanson de George Mickaël "Mother's pried". C'est le proviseur de mon lycée qui m'a incité à poursuivre dans la musique. Pourtant, je me suis inscrite en fac d'anglais tout en continuant le chant et la musique. Le jour de mes examens de fin de deuxième année, j'avais un concert. J'ai choisi le concert. C'est à ce moment-là où je me suis vraiment lancée. Les chanteurs qui m'ont donné l'envie de chanter ont été Madonna à ses débuts, Véronique Sanson, Culture Club, The Victims, la pop anglaise.

Pourquoi avoir choisi de faire un album en anglais?

J'aime la mélodie de cette langue. J'ai été influencée par les chansons anglo-saxonnes. Je me donne à fond en anglais et en même temps, mes sentiments sont plus cachés. J'écris mes textes à travers des tranches de vie, les choses que j'observe, dans les rapports humains. Je fais appel à l'imagination mais il y a beaucoup de moi-même au fond. Mon état d'âme va se traduire d'abord en musique et après les mots viennent. La chanson "Not too late" par exemple: il n'est jamais trop tard pour être soi-même. En ce moment, j'écoute beaucoup Birdy. Elle a un talent fabuleux. J'écoute aussi Adèle et Sarah Mc Lachlan (réminiscence irlandaise).

Je crois que vous avez été l'élève d'Alice Donna. Pourquoi avoir choisi son école plutôt qu'une autre? Comment s'organisait votre journée type?

C'est ma mère qui a vu une publicité à la télévision. C'est là-bas que j'ai découvert la danse: modern jazz. On faisait beaucoup de danse, du chant, du solfège, des ateliers auteur (pour ceux qui voulait écrire). On choisissait une chanson d'un auteur ou bien on écrivait sa propre chanson et on la chantait sur scène. Il fallait "vivre" sa chanson, lui donner de l'émotion mais pas trop non plus pour ne pas se mettre à pleurer! j'ai fait cette école pendant deux ans. Certains restaient plus longtemps, d'autres n'y sont restés qu'un an. Ce fut une belle expérience mais je ne l'ai pas mesurée tout de suite. C'est après coup. Faire une école comme celle-ci ne peut pas être négatif.

Où vous produisez-vous aujourd'hui?

Dans les bars d'hôtel majoritairement ainsi que dans pas mal de soirées privées.

Ce qu'il y a de fondamentalement humain, c'est la douleur et la souffrance. Une source artistique n'est vraie qu'à travers la douleur. Lamartine disait d'ailleurs à ce sujet:" Rien n'est vrai, tout est faux; tout est songe et mensonge, illusion du coeur qu'un vain espoir prolonge. Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs." Qu'en pensez-vous?

Oui, certes mais pas seulement. parce que l'on a autant de belles choses à sortir que de moments douloureux. Heureusement! De toute façon c'est avec du recul que l'on peut exprimer sa douleur. Pas dans l'instant.

Avez-vous quelque chose à ajouter à cette interview?

Non, c'était très sympa. Les questions étaient pertinentes sans être intrusives. J'aimerais juste que l'on retienne une chose, celle que mon témoignage au sujet de l'anorexie puisse apporter un brin d'espoir aux personnes en souffrance. On peut s'en sortir!

Un grand merci à Galaïs pour cette interview qu'elle a bien voulu m'accorder en ce jeudi 23 mai à Carnac. Retrouvez Galaïs sur facebook: www.facebook.com/galaismusic Galaïs sera à l'Hôtel Royal de la Baule les 17/18 juillet, 29/30/31 juillet et 22/23/24 août 2013 à 19h30 et 22h

Caroline pour l'équipe d'Ar Skandéliked.

Pour écouter "Not too late", extrait de son dernier album Much better in time, voici le lien musical:




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