Regain

  • Par benoit
  • Le 16/11/2012
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Chronique artistique vue par Jean-Baptiste    photo-00004-2.jpg 

 

     Le livre est au rythme des saisons joliment imprimées sur les visages de ses protagonistes aux fortes identités. Ces personnages invisibles, au bord du déclin, amoureux de la tradition, de la terre et des mains rassies. Giono traite ici d'un sujet qui le touche profondément : la disparition des vieux villages en Provence, ces micro-cosmos qui s'effacent, ces réalités obsolètes qui n'intéressent personne. Quand tout se meurt, l'amour est le plus beau des remèdes. Panturle rencontre Arsule. Il est seul, ils sont deux, et ensemble permettent le regain.

  C'est l'histoire folle de la solitude éphémère, mal nécessaire au regain, c'est la poésie de page en page, aux descriptions Cézaniennes du siècle qui passe. Ce n'est pas le refus de l'innovation ni la mélancolie bucolique d'un amoureux du Sud, mais la vérité qui trouve une fin: on referme le cycle de l'homme à la nature.

  Au bout de la plume, il y a le génie ! Un héritage laissé par Zola et Cézanne. L'oeuvre commence par la mort et finit par la vie. On peut y voir un hommage, une réconciliation de ces artistes qui allèrent au-delà d'eux-mêmes pour porter leur art si haut, à bout de souffle. 

    Regain est le livre de l'espoir au-dessus de son temps, enfoui dans la terre. En le refermant, la tête encore bercée par le vent et le soleil, une question nous taraude, plantée au début du récit, germant à la dernière ligne: " L'homme peut-il utiliser son coeur sans y accorder ses mains?"

 

 

 



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