Ouessant

OUESSANT, une île de liberté...

Dans les sentiers moussus gorgés de pluie que nos semelles martèlent avec fougue, nous dévalons joyeusement la colline tournée vers le large. Les rochers laminés par le temps regardent l'océan. Des têtes rocheuses aux traits humains semblent être là, posés sur le lichen pour observer l'horizon brumeux où l'on ne perçoit parfois que de grands bateaux ivres bercés par les flots. Parfois aussi, il n'y a rien à regarder que l'écume, et le ciel gris qui déverse ses larmes argentées. Un troupeau de chèvres, cornes baissées relève le défi de parcourir en rang serré, les quelques mètres jusqu'aux roches élevées sur la falaise. Abris naturels contre vents et marées que l'animal, d'instinct, s'offre dans la tempête alors que l'homme, dépourvu, échoue dans l'antre d'un garage abandonné. Mais vivre sur une île, c'est voir en quelques minutes les nuages amoncelés s'éparpiller comme des gamins heureux, récréation joviale dans l'arc-en-ciel déployé.  Les embruns montent dans les éclaboussures des vagues qui viennent envahir les herbes folles du chemin côtier. Ronciers et fougères brûlés par le soleil d'un long été, et les genêts fleuris piquetés de jaune d'or sommeillent dans la mélodie perdue de la brise marine. L'hanap d'or, fleur éternelle dans son balbutiement mystique, libre souveraine, s'apaise dans l'immobilité de la roche alors que les promeneurs, aventuriers boudeurs des journées citadines parcourent les collines et les chemins herbus. L'horizon soudain s'éclaire. L'astre luit de nouveau et déploie ses rayons ardents au-dessus de l'amer qui contemple, gracieuse et folle l'île d'Ouessant qui s'endort.

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