Jean-Marc Pineau (06/2013)

Nom: Pineau

Prénom: Jean-Marc

Profession: infirmier, comédien et conteur. A également été administrateur de Santé Sud de 2002 à 2011.

Bibliographie

Mon voyage à Tombouctou, 2007 Petite Renaissance, Grand prix des explorations et des voyages de découverte attribué par la société de Géographie en 2005.

Mon voyage au Maroc, 2010 Éditions Les 2 ancres.

En auto-édition:

Libre à toi, 1984.

Lettres à l'homme de demain en collaboration avec Joce Rauch, 1987.

Portraits africains, 1996.

Cabanes Nomades en collaboration avec Anaël Pineau, 2012.

    Alors que le Mali tente de combattre des envahisseurs d'un autre âge, islamistes implacables, certains poursuivent le rêve de redonner une espérance de vie plus longue, de faire reculer la misère et la corruption. D'autres veulent allier l'aventure et tout cela en même temps. Lorsque j'ai lu Mon voyage à Tombouctou, j'ai retrouvé beaucoup de souvenirs de mon court séjour au Mali. Je m'y suis plongée avec délice.

     Jamais je n'aurais imaginé en tout cas prendre contact avec Jean-Marc, l'interviewer et surtout lui demander de préfacer mon récit Sous les manguiers du Niger. J'espère qu'un jour nos chemins se croiseront pour revivre, à travers nos images, nos expériences et nos mots, cette vie incroyable avec nos frères maliens. Merci Jean-Marc pour ton aide, ta remarquable vision de moi-même et ta collaboration à ce site. Partons donc, avec Jean-Marc, dans sa belle aventure africaine, et sur les traces de René Caillié dans un extrait de son récit.

INTERVIEW DE JEAN-MARC PINEAU

D'où te vient cette attirance pour l'Afrique?

    J'ai grandi dans le même département que René Caillié. À l'école primaire, le maître d'école nous avait renseigné sur le grand voyage de Caillié: une graine rentrait en germination.

Quel a été le tout premier pays africain que tu as visité? Pour quelle raison?

    Mes parents ne voyageaient pas. Je suis parti en routard à 26 ans pour un voyage de cinq mois à travers l'Afrique de l'ouest. À cette époque, je ne connaissais même pas l'Espagne. J'ai quitté l'Auvergne en stop, je voulais prendre mon temps, m'immerger en douceur. Je suis arrivé sur le continent africain par le Maroc, c'est donc le premier pays. Le Niger fut le premier pour l'Afrique noire.

Ce voyage à Tombouctou sur les pas de René Caillié t'a demandé beaucoup de temps de préparation. Qu'est-ce qui t'a semblé le plus difficile à mettre en place?

     Ce voyage m'a demandé un an de préparation mais je n'ai pas fais que cela. J'ai passé beaucoup de temps à identifier l'itinéraire de René Caillié en consultant ses carnets de voyage, en étudiant minutieusement les cartes IGN que je m'étais procuré à Paris et en rencontrant des passionnés de l'explorateur.

Comment a réagi ta famille lorsque tu as émis l'idée de partir ainsi en suivant l'itinéraire de René Caillié?

     Ma compagne a été extraordinaire. Elle ne m'a pas empêché d'ouvrir cette porte et elle a accompagné seule nos trois enfants pendant quatre mois. Mes enfants (11ans, 8 ans, 4 ans en 2001) avaient conscience que j'allais entreprendre quelque chose d'important, d'autant plus que je suis allé dans leur école pour expliquer mon projet.

Dans ton récit, tu décris la fête de Tabaski. Nous avons d'ailleurs les mêmes mots pour la décrire mais avons-nous le même ressenti?

   Je ne sais pas. Il y a, c'est sûr, des similitudes mais après, chacun a sa personnalité et le contexte n'était pas le même.

Quel est ton meilleur souvenir de ce voyage à Tombouctou et le pire?

 C'est difficile de répondre à cette question mais je dirais, le départ de Boké, départ de cette longue marche avec le réveil en fin de nuit, les préparatifs et les premiers pas. Ce fut vraiment un moment jubilatoire et enivrant. Le pire, c'est d'être malade loin des siens. Le moment d'hospitalisation à Koutiala au Mali fut difficile à vivre.

Un prêtre m'avait dit, peu de temps avant de partir au Mali, que l'on ne revient jamais le même après un séjour en Afrique. Le penses-tu? Et y-a-t'il un même sentiment avec les autres pays que tu as visité?

  Je n'ai pas eu ce sentiment là. Cela a renforcé chez moi certaines convictions, une philosophie de vie. Cela m'a enrichi, mais je suis bien toujours le même!

L'hospitalité africaine est-elle la même dans tous les pays africains que tu connais?

  Elle est assez extraordinaire d'une manière globale, après il y a bien quelques exceptions et puis la  chaleur de l'hospitalité africaine c'est très vrai à la campagne, beaucoup moins dans les villes. Le long du fleuve Niger, entre Mopti et Tombouctou, il y avait plus de réserve, c'était peut-être prémonitoire de ce qui vient de se passer au Mali avec la prise de contrôle du nord par des hommes tenant d'un islamiste très rigoureux.

Aujourd'hui malheureusement, un périple en Afrique est déconseillé, voire même trop dangereux pour le programmer. Crois-tu qu'un jour, nous pourrons y retourner sans encourir de danger?

     Oui, j'espère. Le monde bouge continuellement. Ce qui est vrai un jour ne l'est pas le lendemain. Cela change tout le temps. C'est le courant de la vie.

Quelle est ta vision de l'Afrique d'hier et de celle d'aujourd'hui?

     L'Afrique est mutiple: plus de cinquante pays. Sa diversité est une richesse. L'Afrique d'hier a beaucoup souffert des pillages des occidentaux et des arabes. Aujourd'hui, tout est possible. L'éducation qui progresse, même si c'est plus lentement pour les filles, représente l'espoir des générations futures tout en sachant la difficulté des conditions climatiques.

As-tu quelque chose à ajouter à cette interview?

     Le souhait de voir chacune, chacun réaliser ses rêves les plus chers.

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