Françoise Grall épouse de Xavier Grall (01/2014)

Bibliographie :

James Dean et notre jeunesse, 1958Mauriac journaliste, 1960 La génération du Djebel, 1962 Africa blues, 1962 Cantiques à Mélilla, 1964 Le rituel breton, 1965 Barde imaginé, Éditions KELENN, 1968 Keltia Blues, Éditions KELENN, 1971 Glenmor, 1972 La fête de la nuit, Éditions KELENN, 1972 (rééd. Terre De Brume, 2010), Prix Bretagne 1972 Rires et pleurs de l'Aven, Éditions KELENN, 1978 La Sône des pluies et des tombes, Éditions Kelenn, 1976 Le Cheval couché, 1977 Stèle pour Lamennais, 1978 Entendras-tu le vent chanter dans le grand chêne ?, 1979 Si loin de toi, Tristan…, 1979 Arthur Rimbaud, la marche au soleil, 1980 Solo et autres poèmes, 1981 James Dean et notre jeunesse, 1958 Mauriac journaliste, 1960 La génération du Djebel, 1962 Africa blues, 1962 Cantiques à Mélilla, 1964 Le rituel breton, 1965 Barde imaginé, Éditions KELENN, 1968 Keltia Blues, Éditions KELENN, 1971 Glenmor, 1972 La fête de la nuit, Éditions KELENN, 1972 (rééd. Terre De Brume, 2010), Prix Bretagne 1972 Rires et pleurs de l'Aven, Éditions KELENN, 1978 La Sône des pluies et des tombes, Éditions Kelenn, 1976 Le Cheval couché, 1977 Stèle pour Lamennais, 1978 Entendras-tu le vent chanter dans le grand chêne ?, 1979 Si loin de toi, Tristan…, 1979 Arthur Rimbaud, la marche au soleil, 1980 Solo et autres poèmes, 1981 Genèse et derniers poèmes, 1982 La marche des calvaires Les vents m'ont dit, 1982 Et parlez-moi de la terre..., 1983 L'Inconnu me dévore, Calligrammes, 1984 Les billets d'Olivier, éditions Calligrammes, 1985 Chroniques de l'Indien I et II, 1995 et 1996 Mémoires de ronces et de galets, 2002. Textes donnés à la revue Sav Breizh. An Here. 2002 Au nom du père. Recueil de textes parus dans La Vie An Here. 2003, 486 p. Œuvre Poétique, éditions Rougerie, 2010 

Certains livres ci-dessus ont été réédités chez d'autres éditeurs.

INTERVIEW DE FRANÇOISE GRALL ÉPOUSE DE L'ÉCRIVAIN XAVIER GRALL

     Longtemps, je me suis demandé pourquoi Xavier Grall était un écrivain que j'appréciais beaucoup. Pourquoi cet homme me donnait-il autant de plaisir à le lire et le relire encore? Au fil du temps, j'avais l'impression de m'accrocher à tout ce qu'il avait écrit comme à quelque chose qui me retenait au passé. À mon passé peut-être.

     En visionnant le film "Lettres à mes filles", d'Ariel Nathan décédé l'année dernière, je comprenais enfin que le rapprochement troublant de sa courte existence avec celle de mon père, cette même idée fixe qu'il avait de penser comme mon père qu'il mourrait jeune, sa poésie et sa littérature m'apportaient une réponse. On recherche souvent quelque chose en quelqu'un , un souvenir, une idée, une réponse. Par ses écrits, Xavier Grall me transmettait un souffle poétique et spirituel, les mots d'un père qui apaisaient et comblaient ce vide.

     En ce jeudi 14 novembre, Françoise Grall me reçoit dans sa nouvelle maison donnant sur un patio dont la lumière particulière éclaire l'espace paisible et verdoyant. Françoise Grall a voulu reproduire la même ambiance qu'à Bossulan, l'ancienne demeure de Xavier Grall, plaçant ici une ancienne pierre du jardin offerte pas son mari, et là, ouvrant sur le bureau de son époux, une porte redécorée d'un patchwork de faïence. J'ai découvert l'antre du poète, le fil rouge de son inspiration, l'atmosphère d'autrefois: son bureau, son fauteuil, ses objets personnels, ses photos et ses livres. Je suis émue. Les mots sont inutiles. Je reste muette comme un enfant qui ne sait pas parler. Mes pas se perdent dans la lecture de ses pages bien gardées dans ma mémoire et j'imagine, le journaliste et le poète, l'époux et le père de famille qui s'éveille  à l'écriture inlassablement, au son rythmé de sa machine à écrire.

     Dans le séjour, les murs se parent des tableaux de Geneviève Grall, la cadette. Esquisses discrètes et lumineuses qui jouxtent le portrait des cinq fillles. Un air de musique classique berce les mots que nous échangeons, assises devant la baie vitrée. Je mets en marche le dictaphone et l'interview peut commencer.

Xavier Grall écrivait en écoutant de la musique. Quelle genre de musique écoutait-il?

Un peu de tout mais particulièrement classique. Il pouvait écouter aussi des cantiques bretons, surtout le dimanche matin, les enfants s'en souviennent. Autrement, il écoutait de la fantaisie.

Combien de temps mettait-il pour écrire un livre?

En général, il écrivait très vite. J'étais toujours très étonnée surtout pour les articles de journaux. Pour les romans, je m'en rends moins compte. Il faisait très peu de ratures. Vous savez, il était dans son bureau avec la porte fermée! Je n'allais pas voir... (rire).

Vous faisait-il lire ses manuscrits?

Au début, il me les faisait lire et puis, comme je lui disais "Oh! tu risques de blesser, tu ne devrais pas écrire ça!" Il me répondait alors " et bien si je t''écoutais, je n'écrirais jamais!" Donc, je ne lisais pas souvent ce qu'il écrivait.

Y a-t-il un souvenir, une anecdote au sujet de la chronique du Logéco que vous pourriez nous faire partager?

Xavier partait d'événements familiaux. Un jour, nous nous promenions tous ensemble avec le chien Kéroual, et les enfants criaient "Kéroual, Kéroual!" Quelqu'un qui passait dans la rue a dit "Kéroual? mais c'est le chien de la Vie!" Cela nous amusait beaucoup!

"La révolte vaut mieux que l'indifférence et que l'injustice de la vie, la pression des structures culturelles, politiques ou économiques autorisant certains à se dresser et à déchaîner la tempête." Que penserait Xavier Grall face à la colère des "bonnets rouges"?

Ah! je me suis posé moi-même la question. Il ne les suivrait peut-être pas pour tout mais il aimait bien les gens révoltés. Mais le terme des "bonnets rouges", est-ce que c'est vraiment bien appliqué, je ne sais pas. Il aurait sûrement réagi. L'indifférence ne mène à rien.

Dans son livre sur James Dean, Xavier Grall dénonce une jeunesse au vide spirituel. Aurait-il le même regard aujourd'hui sur la jeunesse actuelle?

Oui, je pense. Je trouve que les jeunes manquent d'idéal. Il y a un vide.

Quelle personne prendrait-il comme exemple pour représenter cette jeunesse aujourd'hui? 

À brûle-pourpoint, je ne sais pas. Il faudrait que ce soit un jeune. À qui pensez-vous? Nous étions jeune mariés lorsque Xavier a écrit James Dean. Nous habitions un petit appartement dans Paris. Il travaillait dans notre chambre et il tapait à la machine. Cela me berçait parce qu'en général il écrivait tôt le matin. Il a toujours écrit le matin...

Quelle image gardez-vous du jeune homme rencontré un soir de décembre 1950 et celui qu'il fut à la fin de sa vie?

Ah! Alors je dois dire que pour moi cela a été le coup de foudre! Dans les rues de Mayenne, il était à bicyclette et je me suis dit "c'est lui"! Pour lui, ce fut pareil, il m'a repérée entre toutes les jeunes filles en rang. Je trouve qu'il ressemblait à Gérard Philippe, et à la fin de sa vie, et bien j'étais toujours très amoureuse. Malade, il avait toujours cette même vivacité dans les yeux.

La guerre d'Algérie l'a profondément marqué. Beaucoup d'hommes de sa génération d'ailleurs ont été marqués. En parliez-vous parfois?

Il m'en parlait peu mais je sentais qu'il avait du mal.

Vos filles n'ont jamais été tentées d'écrire?

Si, il y en a deux. Mais une surtout écrivait beaucoup. Elle était très douée je trouve mais elle n'avait plus le temps. Et puis, c'est dur d'être la fille d'un écrivain. Deux de mes filles ont épousé des journalistes.

Quel souvenir ont-elles de leur père?

Il faut regarder le film d'Ariel Nathan "Lettres à mes filles" et vous verrez ce qu'elles disent de leur père...

Xavier Grall s'interrogeait en disant: "Le journaliste que je suis cohabite-t-il harmonieusement avec le poète que je crois être?" Pourquoi à votre avis?

Je crois qu'ils cohabitaient harmonieusement mais c'était toujours une question qu'il se posait parce qu'on doit toujours se poser des questions quand on écrit.

Est-ce que vous avez lu tous ses livres?

Oui, mais j'ai du mal à les lire comme n'importe qui. Je ne réagis pas de la même façon que pour un inconnu. Cela m'a toujours gênée pour être spontanée. Je me disais :pourquoi est-ce qu'il a écrit ça? Qu'est-ce que cela veut dire? Est-ce que réellement il a connu ça?

Quand est-ce qu'il a ressenti ce désir d'écrire?

Je pense qu'il écrivait déjà quelques poèmes dans sa jeunesse. Il ne lisait pas beaucoup. Il était bien plus dans la campagne à se promener; enfin, c'est ce qu'il m'a raconté.

Comment trouverait-il la Bretagne aujourd'hui?

Il se révolterait sûrement contre les grands immeubles et la côte qui est abîmée maintenant. On se demande si les gens ont gardé un idéal...

En écrivant le Cheval Couché, Xavier Grall n'a pas mesuré l'ampleur que cela produirait. Vous en a-t-il fait part?

Quand on vit cela, on ne se pose pas la question mais c'est possible oui. S'il avait rencontré PJH avant l'émission, il aurait été moins dur avec lui. PJH était très débonnaire alors que Xavier n'était pas très à l'aise. D'ailleurs, Xavier disait: " Moi, j'écris, je ne suis pas orateur." Quand il était interviewé à la radio, il n'aimait pas cela. Lorsque Xavier était malade, PJH est venu le voir avec Étienne Manac'h.

Après l'interview, autour de délicieux gâteaux et d'un jus d'orange, nous parlons de cette maison restaurée avec goût par Françoise Grall qui a longtemps hésité à quitter Bossulan. Mais ses filles l'ont réconfortée dans son choix et ont approuvé sa décision.

Ce qu'il y a d'amusant, dit Françoise Grall, c'est que j'ai retrouvé dans les papiers de Xavier, le plan de sa maison idéale. C'est celle-là! avec un patio! Il avait prévu d'installer son bureau face à la baie vitrée. Là, j'ai dit non! ce sera le salon! Dans un billet, il disait entre autre: "J'ai connu de nombreux ports (...), mais c'est Concarneau que j'aime."

"On ne naît pas Breton, on le devient, à l'écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer." Cela me rassure! je ne suis pas Bretonne mais, il me semble avoir attrapé la bretonnitude... je prends cela comme un cadeau. Merci Xavier Grall!

Tous mes remerciements à Françoise Grall. Son accueil chaleureux, sa patience et sa gentillesse m'ont vraiment touchée. Vous pouvez commander le DVD d'Ariel Nathan "Lettres à mes filles"chez Aligal.com

Commentaires (2)

LECOQ Gaetan
  • 1. LECOQ Gaetan | 05/12/2015
merci pour cet entretien qui remue ceux qui aime l'oeuvre de Xavier Grall.
Pour Mme Bigot, on peut demander le DVD chez l'Editeur : ALIGAL
21 Rue Moreau de Jonnes, 35000 Rennes, France
02 23 20 70 70

cordialement
G Lecoq
Bigot Marie Liesse
  • 2. Bigot Marie Liesse | 27/11/2015
Il ya 3 -4 ans j'ai écrit sur internet où commander le DVD d'Ariel Nathan. Dernierement, je trouve que mon nom figure toujours et que monsieur Nathan est décédé. J'en éprouve un grand regret cet j'aurais aimé dialoguer avec lui. Je voudrais commander le DVD car le livre m'a tellement touchée. Je suis allée à Bossulan. Il n'y avait personne puis dans la petite église de Nizon où une femme arrangeait les fleurs en nous disant qu'une des filles était blessée. Depuis, c'est moi qui ai eu des problèmes de santé mais je n'abandonne pas la démarche qui me tient à coeur. merci

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