Grégoire Delacourt (09/2014)

INTERVIEW DE GREGOIRE DELACOURT

BibliographieL'écrivain de la famille, Editions Jean-Claude Lattès, 2011

                       Prix Marcel Pagnol 2011, Prix Rive Gauche à Paris 2011, Prix Carrefour du premier roman 2011, Prix Cœur de France 2011, Prix du premier roman Méo Camuzet 2011.

                       La liste de mes envies, Editions Jean-Claude Lattès, 2012

                       Prix Méditerranée des lyceens 2013, Prix des Lycéens 2013 de la ville de Gujan-Mestras, Prix Livresse de lire 2013.

                       La première chose qu'on regarde, Editions Jean-Claude Lattès, 2013

                       On ne voyait que le bonheur, Editions Jean-Claude Lattès, 2014

    Grégoire Delacourt est un de ces écrivains contemporains qui a su, par ses mots et sa littérature, toucher le coeur des lecteurs. A travers des histoires du quotidien, simples, mais parfois douloureuses, chacun peut s'identifier aux personnages et faire sourdre des petits sourires et des grands espoirs. La liste de mes envies, son deuxième roman, a été adapté au cinéma. Il nous enchante par le jeu des acteurs bien qu'il n'y ait en réalité rien de plus personnel que la lecture d'un roman. Tourner les pages permet d'être dans l'attente, au coeur même de l'histoire, et les yeux en mouvement, dans les surplis de nos âmes, invitent à parcourir les sentiments et les souvenirs profonds qui nous habitent. Grégoire Delacourt a répondu positivement à mon invitation et c'est avec plaisir que je vous livre ici son interview.

1) Vous travailler dans la publicité depuis 1982 et avez été l'auteur de nombreuses publicités connues, appréciées et récompensées. Pourquoi avoir attendu aussi longtempts pour vous lancer dans l'écriture?

Je ne devais pas être prêt avant. J'en avais vaguement envie, mais l'envie ne suffit pas pour écrire un livre. Il faut un vrai besoin, quelque chose d'impérieux; enfin, dans mon cas. Et surtout, quelque chose qui ne se regarde pas mais se donne à voir. Il faut être prêt pour ça, pour être lu; il faut une sacrée dose de courage et d'impudeur.

2) Qu'est-ce qui vous passionne dans ce métier?

Le côté docteur. Vous rencontrez des marques qui ont des bobos (elles se vendent mal, elles ne sont pas aimées, on les a oubliées, on ne les comprend pas bien) et vous devez non seulement diagnostiquer les causes, mais surtout fabriquer le remède. Ici, chaque solution est unique. C'est son aspect prototypique qui est fascinant. Au fond, un roman, c'est pareil - dans ce côté prototype, à chaque fois.

3) Que diriez-vous à un jeune d'aujourd'hui qui souhaiterait faire carrière dans la publicité et en particulier dans la création de films publicitaires?

D'être maladivement curieux, ouvert, modeste, travailleur, humble, généreux; et de ne jamais oublier que la publicité est un service aux autres, surtout pas un endroit pour y exprimer "son art". Il y a les galeries de peinture pour ça, les vidéos, les courts-métrages, etc.

4) Croyez-vous qu'il faut avoir souffert pour écrire et toucher le lecteur?

Non. Je crois juste qu'il faut être sincère. Et puis n'oublions pas que la beauté naît souvent de la lumière - pas seulement des ombres, même si elles enfantèrent Baudelaire (par exemple).

5) Dans votre livre L'écrivain de la famille, Edouard est un enfant sensible. Que serait-il devenu si ses parents n'avaient pas réagi à son poème?

Je n'en ai strictement aucune idée. Il n'y aurait sans doute pas eu de livre.

6) Edouard a passé ses vacances dans le pays bigouden. Connaissez-vous vraiment cette partie de la Bretagne? Avez-vous déjà lu des écrivains bretons?

Oui et non. J'ai passé quelques étés à Beig-Meil et à Bénodet, d'où je garde de beaux souvenirs d'enfance, de plages, de vent et de belles humanités. Et non, à part Nathalie de Broc (que j'adore), je n'ai pas lu d'écrivains bretons. En fait, je ne raisonne pas en termes géographiques. Je lis des livres, sans savoir d'où vient l'auteur.

7) Quel écrivain vous a donné l'envie d'écrire?

Pagnol est sans doute un déclencheur important. Plus tard, Maurice Leblanc, Maurice Pons, Augustin Gomez Arcos. Des styles totalement différents, mais quelles histoires!

8) Dans La liste de mes envies, mari et femme ont le même prénom, Jocelyn et Jocelyne. Est-ce pour l'intrigue de l'histoire ou est-ce un hasard?

Vous savez bien que la réponse est dans le livreSourire!

9) L'adaptation cinématographique de La liste de mes envies correspond-elle à ce que vous en attendiez?

Je n'en attendais rien de particulier, si ce n'est la joie de l'équipe à faire le film, et leur fierté du résultat.

Avez-vous pu y mettre votre grain de sel?

On m'a proposé de travailler, si je le souhaitais, sur l'adaptation ou les dialogues. J'ai refusé parce que je faisais entièrement confiance à la production, aux scénaristes, et qu'il ne peut pas y avoir "deux patrons" sur un film.

On dit parfois qu'adapter un roman au cinéma est une tâche difficile. Qu'est-ce qui fait que l'on choisira d'adapter un roman plutôt qu'un autre?

Demandez  à un producteur! Mais je crois qu'outre toutes considérations financières, il y a au départ une formidable envie. Celle de se battre pendant deux ans, trois ans, parfois plus, sur un texte pour en faire un film. Alors il faut fichtrement l'aimer, ce roman!

10) Le petit ange, le papa qui oublie tout de sa vie toutes les six minutes, sont des parts de vie cruelles et bouleversantes que vous avez su mettre en mots. Est-ce par ces épreuves malheureusement si réelles que Jocelyne a su toucher les lecteurs?

Sans doute. Surtout je crois qu'on à tous une part de Jocelyne, qu'elle nous éclaire sur certaines choses, certaines de nos pertes, et que son humanité (bon d'accord sauf à la fin), est une espérance.

11) Jocelyn semble encore plus fragile que Jocelyne. Croyez-vous que la femme soit plus forte que l'homme?

Plus forte, je ne sais pas. Mais plus faible, ça non!

12) Avez-vous quelque chose à ajouter à cette interview?

Juste dire merci à un million et demi de personnes.

Un très grand merci à Grégoire Delacourt d'avoir accepté de répondre à mes questions.

Sourire

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau