l'écrivain du mois

Marie-Dauphine Caron ( 10/2017 )

INTERVIEW DE MARIE DAUPHINE CARON

 

LA OU MEURT L'ESPOIR, BRILLE L'ESPERANCE, Editions du Sacré Coeur. 

     

     " Dieu n'est pas venu supprimer la souffrance, il n'est pas venu l'expliquer,  il est venu la remplir de sa présence." Voilà ce que disait Claudel à propos de la souffrance... Mais, se sent-on pour autant vraiment apaisé face à la maladie puis la mort de son enfant?

      Je suis accueillie par Marie-Dauphine dans son grand appartement face à la rade de Brest. L'atmosphère y est paisible et rayonne par la présence invisible d'Anne-Gabrielle, et de sa maman qui me sourit. Ce jour-là, il fait un grand soleil. Tout est fait ici pour que l'on se sente bien. Je pose ma première question... Comment fait-on pour supporter l'insupportable?

     " Avec la grâce, je crois que l'on ne sait pas de quoi l'on est capable... il faut avoir la simplicité de croire en Dieu". La douceur de sentir la présence de Dieu qui pleure et souffre autant que nous par amour, c'est recevoir ses grâces qui nous aident dans l'épreuve... Durant toute sa maladie, Anne-Gabrielle aura montré un incroyable courage, une spiritualité fulgurante, " ma fille m'a donné envie de lui ressembler". 

     Pensez-vous que la sainteté est naturelle chez les enfants? 

    "Certes, il existe une générosité chez les enfants de six ans, un âge propice à cela, mais à un moment certains enfants choisissent le mal. Il faut arrêter de croire que tous sont gentils! Nous avons aussi été confrontés à des hommes, des femmes, des amis et des médecins sans aucune ampathie ni générosité, sans compter ceux qui transformaient ou interprétaient nos paroles... mais est-ce que le méchant est heureux alors que le juste souffre? Nous avons heureusement pu vivre des moments de joie, de tendresse et de dévouement, il ne faut pas l'oublier...

     Après la mort d'Anne-Gabrielle, alors que Marie-Dauphine rédige un texte sur l'espoir et l'espérance, elle trouve, par l'inspiration du Saint-Esprit, le titre de son livre: "Là où meurt l'espoir brille l'espérance." Titre qui incitera beaucoup de gens à acheter le livre car l'homme n'est-il pas en quête d'espérance?

     "Le seul moyen que l'épreuve ne nous détruise pas c'est de l'accepter. C'est une évidence philosophique enseignée par Sénèque. Il y avait dans le regard d'Anne-Gabrielle cette lumière précieuse, cet abandon total en Dieu et que nous avons su respecter".

     Mais, il n'y a pas que l'épreuve de la maladie.  Telle Sainte Thérèse de l'Enfantt Jésus lorsqu'elle voulait rentrer au Carmel, Anne-Gabrielle avait le désir de faire sa première communion. Moment important pour elle et pourtant si chargé d'obstacles et de désespoir... Malgré l'épreuve du temps, des examens médicaux, des résultats qui se font attendre et qui l'empêchent d'être à l'heure pour la cérémonie, Anne-Gabrielle arrive enfin à l'église, silencieuse et pleine de larmes. Il est trop tard... tous les enfants ont déjà communié. Mais rien n'est impossible à Dieu et le miracle opère! C'est un mal pour un plus grand bien! Non seulement Anne-Gabrielle fera sa première communion mais elle la fera seule! Dieu voulait sa promise, un tête à tête, être en communion avec elle. "Ce moment a été un moment clé de son évolution dans son chemin".

     En le racontant, Marie-Dauphine a le même sourire généreux et plein d'humilité que sa fille. " Si je ne maitrise pas, alors je donne", disait Anne-Gabrielle qui souriait tout le temps.

                                                 " JE SAIS QUE TOUT IRA BIEN CAR LE BON DIEU FERA QUE TOUT AILLE BIEN ".  Anne-Gabrielle (janvier - juillet 2010)

Un grand merci à Marie-Dauphine Caron pour sa disponibilité et son attention.

Caroline Constant