Tabou

    Un film : TABOU de Miguel Gomez

Que le lecteur m'excuse par avance. Ici, il ne sera pas question de réflexions sur l'oeuvre, ni d'analyses, mais d'un simple regard content et admiratif que je soulignerai du sourire. Regard trop rare de nos jours quand les salles se font obscures, et que les yeux guident déjà l'intellect vers les charivaris scénaristiques, politiques et sociaux. Voilà un film en noir et blanc, voilà un film!

    Entre son mutisme et sa modernité repose le délicat travail du souvenir. Divisé en deux parties, la première  paradis perdu est un aujourd'hui, qui est un peu long à mettre en place. C'est la seconde partie qui retient toute mon attention, celle dite Paradis est un hier, 60's et colonial, une Afrique immense et rêvée. Ayant pu passer quelques semaines sur le continent, certains détails sont d'une parfaite qualité: il y a des salons luxueux et vides où l'air s'engouffre à travers des rideaux de tissu léger. Il y a les extérieurs, si vastes. Monochromes aux visages extatiques. Les soirs où l'on cherche à s'embrasser dans le silence. Puis vient la nuit, que l'on passe sous une moustiquaire, fenêtre ouverte, au clair de lune intérieure.

    Si la première partie se devine, il n'en va pas de même pour la seconde, qui à elle seule, n'est que poesie, calme et déclin. Une fureur naturelle, apprivoisée par un talent, celui du cinéma.

    Voilà un film où le récit s'oublie et se perd dans la beauté de l'image, peinture aux deux couleurs, entre ombre et lumière, abstrait et réel.

    À bientôt

    JBC pour Ar skandéliked                                                                        

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