Tristan Pichard (05/2014)

Nom : Pichard

Prénom: Tristan

Profession: a été professeur d'histoire, professeur de musique, professeur de piano, libraire. Est maintenant écrivain à plein temps pour la jeunesse et écrit des pièces de théâtre.

Bibliographie: Les Enquêtes de John Doeuf, Éditions Locus Solus (premier pola jeunesse),

                        Contes traditionnels de Bretagne, Éditions Locus Solus

                        Le Combat de Persée, dans le magazine D-Lire, Éditions Bayard Presse, 2013

                        Magicus Codex (six volumes)  Éditions Coop Breizh

                        Quelque chose de pourri au royaume du Français, Éditions Locus Solus, 2013

                        La Princesse qui dit non, Éditions Milan, 2014

 Théâtre:         Prométhée pète le feu

                        La Cité d'Ys

                        Monsieur Gandin

                       

                     

 

RENCONTRE AVEC TRISTAN PICHARD

     Rendez-vous pris, je file sur Quimper en ce premier jour de printemps. Tristan Pichard m'attend à la terrasse du XXIè, un café situé en face de la cathédrale St Corentin. C'est une bonne idée cette place pour parler de son dernier roman jeunesse dont l'intrigue se déroule autour d'une cathédrale: "Je voulais que cela ressemble à la France mais que ce ne soit pas non plus Paris. J'ai donc choisi Versailles qui est devenu Ripail, un lieu où l'on se fait duper! La tribu gauloise qui habitait dans la région de Lutèce s'appelait les Senonces, un nom très français, c'est pourquoi l'histoire se situe à Senonces. Quant à la cathédrale, c'est bien Notre-Dame de Paris.

     Quelque chose de pourri au royaume du Français aux Éditions Locus Solus, est un roman de cape et d'épée, à la fois drôle et plein d'entrain, aux multiples rebondissements sur un fond de complot révolutionnaire. Tristan Pichard s'attaque ici à la langue de bois dont il dit que les jeunes ne sont pas assez armés pour l'affronter toujours. "C'est une arme trop puissante pour nous conditionner et qui nous envahit de plus en plus. La langue est quelque chose d'extrêmement puissante à contrôler. Elle peut devenir une arme pour celui qui l'utiliserait à mauvais escient comme le méchant du livre. Prenez George Orwell dans 1984, lorsqu'il enlève le mot amour ou le mot mort, les émotions ne sont plus retranscrites et lorsqu'on ne peut plus raconter certaines choses, on n'arrive plus à les ressentir. Nous vivons dans un monde de mots bien que l'image soit omniprésente. Un mot est un mot et les mots ont leur propre sens."

     Ecrire pour les enfants nécessite d'être toujours un peu au-dessus de leur niveau. Un enfant est habitué à ne pas comprendre les choses puisque c'est son quotidien. Dans les bouquins, c'est pareil, il lui faut régulièrement des étapes. Voilà pourquoi l'enfant lit et relit parce qu'il en a besoin pour comprendre. Lorsque je choisis un thème plus compliqué, je fais en sorte qu'il y ait quelque chose d'humoristique ou une scène d'action. L'enfant est alors replongé dans l'aventure et la lecture peut se poursuivre. Cela ne va pas le freiner.

     Un livre comme celui-ci est un travail de longue haleine. Tristan Pichard l'a écrit trois fois pour trouver un maximum d'éléments où il pouvait y avoir un lien entre la langue française, les rapports humains et les rapports sociaux. De l'intrigue aux personnages des gros mots, et de l'Imparfait du Subjonctif, sans oublier les personnages secondaires qui ont tout autant leur place dans le roman, il réalise qu'il peut aller loin dans l'implication de la langue française, de la politique du pays, et qu'à partir de là tout en découle: la religion n'est plus la même, l'organisation sociale non plus et les impôts ne se payent pas de la même façon.

     Jouer avec les mots pourrait sembler facile mais il n'en est rien. Il faut que le français soit correct et que les phrases s'enchaînent. Mais Tristan Pichard ne fait pas qu''écrire. Il rencontre aussi ses jeunes lecteurs dans les écoles où il organise des ateliers d'écriture du CP à la 3è. Il faut pour les jeunes un moment pour apprendre et un moment pour le plaisir. C'est ce qui leur donnera le goût de la lecture. Cependant, il n'y a pas de mystère! Pour donner aux enfants l'envie de lire, il faut non seulement qu'ils lisent le plus possible, mais aussi il faut continuer à leur lire des histoires même s'ils savent lire eux-mêmes. Ainsi l'enfant a accès à des histoires qui sont plus compliquées et que l'adulte pourra expliquer. Le moment est très riche, et l'enfant, confiant et mis en valeur, aura envie de poursuivre la lecture, seul.

     Au-delà de la richesse que procure les textes pour la jeunesse, Tristan Pichard se dit également heureux de pouvoir prendre du temps pour l'écriture de pièces de théâtre pour adultes et jeunes adultes où il aime bien malmener la langue et voir ainsi l'effet que cela fait d'écrire de manière très orale. "La langue est différente au théâtre. Il peut y avoir des fautes de syntaxe, on passe d'un sujet à un autre, c'est très détendant comparé aux livres jeunesse où certains sujets ne peuvent être traités." Dans son blog aussi il se laisse aller et parle de rock, de musique, de livres mais aussi de... cauchemars! sujet qui le fascine car "il y a une pression diffuse qui réglemente nos vies! dit-il. L'activité onirique fait peur!" 

     Il est un fait que les mots ont une grande place dans sa vie. Qu'ils soient piquants, un brin sournois, ils sont pleins d'humour et font sourire. Aller au plus profond des choses pour faire passer un message. Voilà ce que l'on trouve dans ses oeuvres, quelles soient pour les jeunes (romans) ou pour les adultes (théâtre et blog)

     Tout est dit en vérité sans langue de bois!

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